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Les élevages avicoles en Algérie: Un sous equipement chronique

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La filière avicole «Chair » a connu depuis 1980 un développement notable soutenu par une politique publique incitative. Cette dynamique a été toutefois contrariée par la mise en œuvre du programme d’ajustement structurel (1994-1998) qui ont affecté négativement la croissance de la  production avicole.

Cependant, au delà de cette contrainte, force est de constater que la filière avicole « chair » reste fragile et accuse un retard technologique  considérable par rapport aux pays industrialisés.. Ce facteur retentit sur la productivité des ateliers avicoles privés.

A cet effet, les enquêtes effectuées par l’observatoire des filières avicoles d’Algérie (OFIAAL) durant la période 1999-2000 ont permis d’évaluer les performances techniques et économiques réelles de ces élevages et d’en cerner les pratiques d’élevage dominantes.

 

1. Des structures de production  atomisées.

L’élevage du poulet de chair en Algérie se pratique dans des structures fortement atomisées qui se distinguent par des ateliers de taille fort modeste : 3000 sujets en moyenne.

Les bâtiments avicoles sont, sauf rares exceptions, de type clair, à ventilation statique, faiblement isolés correspondant à des investissements faibles. La densité d’élevage varie entre 8 et 12 sujets / m2 selon les saisons.

Il faut noter que la majorité des éleveurs ignorent le facteur lié à l’hygrométrie, ce qui se traduit par une maîtrise insuffisante du couple « isolation ventilation ». Cela se traduit par des difficultés à maîtriser les conditions d’ambiance, notamment en saison estivale.

L’éclairement au sein de ces élevages est également peu maîtrisé. En effet, on enregistre une assez forte intensité lumineuse (4.03 W/ m2 contre 0.7 W/ m2 selon la norme) avec une grande variabilité entre les élevages. 

Enfin, nous relevons une faiblesse dans la mise en place de la barrière sanitaire qui est à l’origine de taux de mortalité excessifs et de l’utilisation abusive des produits vétérinaires qui grèvent significativement les coûts de production.

2. Faible productivité et sous équipement

Les enquêtes effectuées par l'OFIAAL en 1999 et 2000 ont porté sur les élevages privés de la région « centre » du pays  (Blida, Ain Defla, Alger). Ces enquêtes ont concerné respectivement 23 exploitations (43 bandes) et 53 exploitations (99 bandes) qui ont fait l’objet d’un suivi annuel périodique. Ces enquêtes ont permis  de mettre en exergue les faits suivants .

A qualité d’aliment identique, les performances des producteurs privés sont moindres que celles obtenues par le centre de testage de l’ITELV. Les écarts s’expliquant essentiellement par une maîtrise accrue des conditions d’ambiance permise par un niveau d’équipement acceptable et un niveau de technicité supérieur aux exploitations privées.

En fait, la modicité des performances des élevages privés tient à la nature extensive des processus de production mis en œuvre (Ventilation statique, sous équipement chronique des ateliers, faible isolation  des bâtiments, maîtrise insuffisante des conditions d’ambiance) qui se traduisent par un allongement du cycle d’élevage, un gaspillage d’intrants et des taux de mortalités excessifs.

Par ailleurs, le sous équipement chronique de ces ateliers (mangeoires, abreuvoirs,  radiants, inexistence de système de ventilation et d’isolation des bâtiments) n’autorise pas une utilisation rationnelle et optimale des intrants industriels (aliments avicoles, matériel biologique, produits vétérinaires) par les producteurs dont l’effet transparaît à travers une structure de coûts défavorable. Plus précisément, le recours massif à l’usage de produits vétérinaires, considérés par les éleveurs comme la panacée face aux incohérences de la conduite de l’élevage, ne fait que grever leurs coûts de production.

  

3. Quelle stratégie adopter ?

Face à cette situation et dans la perspective de l’adhésion de l’Algérie à l’OMC, il conviendrait de mettre à niveau ces élevages pour leur leur permettre de soutenir la concurrence. Dans cette optique, des efforts considérables devraient être déployés en vue de:

- soutenir les investissements de modernisation des ateliers. Des aides publiques ont été engagées dans le cadre du programme national de développement agricole (PNDA) pour améliorer le niveau d’équipement des exploitations avicoles. Ces mesures restent cependant insuffisantes eu égard au désinvestissement  concernant les bâtiments avicoles ;

-  soutenir les institutions chargées du développement et de l’adaptation des techniques de production ;

-   identifier les voies et les moyens de diffusion du progrès technique vers la profession ;

-  renforcer le dispositif de suivi des politiques mises en œuvre ;

- concevoir des politiques de régulation impliquant l’ensemble des acteurs économiques de la filière avicole et la réhabilitation de la profession avicole.

 

 

 



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