Développement durable

REVENUS ET CONSOMMATION

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La pauvreté en Algérie: Une Conséquence

des contraintes de l’environnement naturel?

Synthèse du GREDAAL

 Depuis la crise pétrolière de 1986 des pans entiers de la société algérienne sombrent dans la pauvreté. En l’an 2003 et malgré des réserves de changes dépassant les 30 milliards de dollars, un algérien sur trois vit au dessous du seuil de pauvreté. En Algérie, l’analyse de la pauvreté n’a pas fait l’objet d’études systématiques et relativement précises. La seule étude disponible est celle relative aux niveaux de vie des populations, réalisée conjointement par l’ONS (Office national des statistiques) et la banque mondiale en 1995 (1) ; celle-ci ayant servie de base à une autre étude plus fine orientée vers la cartographie et la caractérisation de la pauvreté en Algérie (2).

 

1. Caractérisation de la pauvreté en Algérie : Un phénomène lié aux milieux ruraux.  

L’examen des données fournies par ces deux études a permis de relever un taux de prévalence de la pauvreté en milieu rural largement supérieur à celui observé en milieu urbain (Tableau 1). Les résultats de l’enquête de 1995 permettent, en outre, d’estimer le nombre de pauvres en Algérie à 1,6 million de personnes souffrant de pauvreté alimentaire (dont plus d’un million dans les campagnes), à près de quatre millions de personnes dont le revenu n’atteint pas le seuil de pauvreté globale inférieur (dont 2,7 millions de ruraux) et à plus de 6,3 millions d’habitants vivant en deçà du seuil de pauvreté globale supérieur (dont 4,2 millions de ruraux) (3). La fraction de la population affectée par la pauvreté, vivant d’un revenu inférieur à 1.6 dollars, représentait ainsi en 1995, 23 % de la population globale.

 

Tableau 1. Incidence de la pauvreté selon le milieu d’habitat en 1995 (en %).

Zones

de résidence

Seuil de pauvreté

alimentaire.

Seuil de pauvreté global inférieur.

Seuil de pauvreté global supérieur.

Zones urbaines

3.6

8.9

14.7

Zones rurales

7.8

19.3

30.3

Ensemble

5.7

14.1

22.6

Source : Enquête sur les niveaux de vie (ONS, 1995)

 

Comparativement à 1988, la pauvreté s‘est accentuée consécutivement à la mise en œuvre du programme d’ajustement structurel (PAS) dont les effets sur la dépréciation du pouvoir d’achat n’ont pu être totalement jugulés par la mise en place du « filet social ». En effet, le nombre de pauvres s’est accru et la pauvreté s’est aggravée dans la mesure où la proportion de personnes vivant en deçà du seuil de pauvreté extrême a progressé, passant de 3.6 % en 1988 à 8.1 % en 1995[4]. Le poids des ruraux dans la population pauvre reste important et a enregistré une légère baisse passant de 72 % et 68 % entre 1988 et 1995.

Selon l’étude réalise par l’Agence nationale de l’aménagement du territoire en collaboration avec le PNUD, la pauvreté se concentre essentiellement dans 177 communes pour une population de 1.6 millions habitants[5]. Les études convergent pour désigner les territoires situés principalement en zone de montagnes ou de steppe et dans une moindre mesure ceux du Sud, comme ceux de l'extrême pauvreté.

Ces communes se caractérisent par la faiblesse relative de leur taille (Moins de 30.000 hab.), la modicité des ressources financières propres, l’absence de commodités de logements, un faible taux de scolarisation, des taux d’analphabétisme et de fécondité élevés.

Les ménages pauvres présentent un certain nombre de caractéristiques sur lesquelles il importe de s’appesantir.

La taille moyenne des ménages pauvres apparaît comme importante. En 1995, elle se situait à de plus de 8 personnes, contre une taille moyenne des ménages de 6.6 personnes.

Le niveau d’instruction des chefs de ménages est déterminant puisque dans 60 % des ménages pauvres, le chef était dépourvu de niveau d’instruction.

Le chômage est plus important chez les populations défavorisées autant en zones rurales qu'en zones urbaines : 44 % en zones urbaines et 35 % en zones rurales en 1988 contre 29 et 24 % chez les non pauvres, en 1995.

Enfin, nous relèverons que les taux de pauvreté sont plus élevés parmi les chefs de ménage exerçant  dans l’agriculture.

 

2. L’incidence de programme d’ajustement structurel

A la lumière de ces développements, il ressort que la mise en œuvre du PAS a généré une extension considérable de la pauvreté. Le processus d’appauvrissement a affecté plus particulièrement les populations au chômage et celles dépourvues de revenus, mais également des salariés[6] dont le pouvoir d’achat a été fortement déprécié par la hausse des prix des produits de première nécessité, antérieurement subventionnés par l’État (Produits céréaliers, laitiers, matières grasses, sucres). Parmi les salariés, ce sont les couches moyennes qui ont subit le plus ce processus[7]. L’émergence de ces «nouveaux pauvres», issus des couches moyennes depuis le début des années quatre-vingt-dix, est un phénomène récent qui donne à la pauvreté de nouvelles caractéristiques[8].  

 

L’extension de la pauvreté est à mettre au compte de l’absence de croissance économique et de la baisse de la création de l’emploi durable qui en a résulté. En effet, il a été démontré que, dans le cas de l’Algérie, la pauvreté est particulièrement liée au chômage[9] (Cf. Supra).

 

Inanité des systèmes de protection publics.

Cette paupérisation de la population est aggravée par la rupture des liens de solidarité traditionnelle, notamment familiale, auxquels les dispositifs publics de soutien ne se sont pas substitués de manière efficace.

Les dispositifs de protection sociale à travers le « filet social », mis en place par les pouvoirs publics depuis 1992, ont tous montré leurs limites quant à leur capacité à contenir le phénomène de la pauvreté. Ces dispositifs concernent les domaines de l’emploi et  les revenus.

Qu’il s’agisse de l’indemnité aux catégories sociales sans revenu (ICSR[10]) instituée en 1992 ou de l’indemnité d’activité d’intérêt général (IAIG[11]) ainsi que de l’allocation forfaitaire de solidarité (AFS[12]) instaurées en 1994, tous les dispositifs de soutien aux revenus des catégories sociales vulnérables ont connu des limites imposées par la modicité des montants financiers alloués aux ménages, l’importance croissante de leurs bénéficiaires et une gestion administrative peu efficace, source de gaspillage et de détournement social des aides. Au demeurant, la population bénéficiaire de ces dispositifs a baissé de manière drastique, passant de 1.5 millions de personnes en 1995 à moins d’un million en 1997[13].

Il en est de même du dispositif d’assurance-chômage (CNAC) qui ne concerne, en fait, que les travailleurs des entreprises publiques soumis à des compressions d’effectifs, les fonctionnaires étant exclus du champ d’application du dispositif. Au total, ce dispositif, mis en place en 1994, a bénéficié en 1999 à 173.360 salariés[14] qui ont fait l’objet de licenciements pour raison économique.

 

Face à l’inanité de ces dispositifs, la pauvreté s’est accrue de manière significative générant une contraction sévère du pouvoir d’achat des populations.

 

En effet, l’application des programmes de stabilisation macro économique et d’ajustement structurel  ont eu un  impact négatif sur le pouvoir d'achat des salariés qui ont vu leurs conditions de vie se dégrader. Ainsi, selon une étude, réalisée en 1997, sur la base des données de l’enquête menée par l’ONS relative aux niveaux de vie de 1995, la baisse, en termes réels, du pouvoir d’achat des revenus salariaux aurait été de plus de 45%[15] entre 1986 et 1994 (30 % pour la seule période allant de 1990 à 1996[16]).

Plus particulièrement, ce sont les couches moyennes, celles là même qui avaient bénéficié des retombées du processus d'industrialisation des années 1970 et qui, jusqu'à la fin des années 1980 détenaient des positions importantes dans les appareils de l’État, qui ont vu leur pouvoir d'achat se déprécier le plus[18]. Les cadres, pour ne s’en tenir qu’à cette catégorie socioprofessionnelle, ont assisté à une baisse de leur pouvoir d’achat estimé à 41 % pour la période 1989-1995[19]. Ceci conforte l’hypothèse selon laquelle cette catégorie sociale a eu tendance à s‘appauvrir. Ce résultat est lourd de conséquences pour la société dans la mesure où les couches moyennes en constituent l'ossature.

 

La dégradation de la consommation des ménages.

Conséquemment aux évolutions évoquées ci dessus, les dépenses de consommation des ménages ont rétrécies de manière brutale. En effet, si l’on excepte l’année 1991, les dépenses individuelles de consommation, exprimées en DA constant de 1989, ont accusé des baisses significatives. Pour la seule période 1990-1995, les dépenses de consommation ont régressé de 1 %,  alors que pour la période allant de 1990 à l’an 2000 ces dépenses ne se sont accrues que de 1 %.

Les dépenses de consommation se caractérisent, en outre, par leur caractère inégalitaire dans la mesure où, selon  l'enquête réalisée par l'ONS sur l’évaluation des niveaux de vie, en 1995, 10% des ménages les plus pauvres de la population consomment l’équivalent monétaire du dixième de ce que consomment les 10% les plus riches[20].

Cette tendance à la compression de la consommation des ménages, notamment les déciles inférieurs, est corroborée par les analyses du CNES et les études menées par le CENEAP.

En matière de structure des dépenses de consommation, il y a lieu de relever que, succédant à une phase durant laquelle il a baissé de prés de 6 points, le coefficient budgétaire alimentaire a augmenté de manière significative en 1995 pour s’établir au seuil enregistré en 1966, soit 58.5 % (Cf. Tableau 2). Cette tendance révèle que nous nous situons bel et bien dans une phase de régression sociale et économique, marquée par un coût élevé de l’alimentation et une progression faible des revenus.

 

Tableau 2. Évolution du coefficient du budget alimentaire des ménages

selon les enquêtes de consommation et de niveau de vie (1995).

Années

Coefficients du budget alimentaire (%)

Sources

1966

58.2

Enquête de consommation AARDES

1980

55.7

Enquête de consommation DCSN-DP

1988

52.5

Enquête de consommation ONS

1995

58,5

Enquête « Niveau de vie » (ONS-Banque mondiale)

 

44.6

Enquête de consommation ONS (Non diffusée)

 

Largement soutenus par l’État, les prix des biens de consommation alimentaire ont été progressivement libérés. C’est le cas des fruits et légumes en 1980, puis de la grande majorité des autres produits, en 1989 et 1992, ainsi que de la semoule en 1995. La suppression des subventions a entraîné des augmentations sensibles des prix des biens de consommation qui ont affecté tous les produits et notamment ceux de large consommation (Semoule, pain, farine, produits laitiers, produits avicoles, huiles et matières grasses, sucre). Ces augmentations se sont répercutées négativement sur le pouvoir d’achat des ménages, entraînant un retour au modèle de consommation en vigueur durant les années soixante[21] et une modification du comportement alimentaire des ménages.

L’enquête conduite par le CENEAP[22] a mis en évidence ces tendances et confirmé l’hypothèse de la détérioration du modèle de consommation au cours de la période 1993-1997[23]. Selon cette enquête, les fréquences mensuelles moyennes de consommation ont subi une diminution nette durant cette période, et ce pour la plupart des biens de consommation. Le résultat apparaît encore plus évident, pour ce qui concerne les produits alimentaires. Ainsi, les baisses de fréquences de consommation d’aliments ont particulièrement affecté les viandes et les œufs mais, également, à un degré moindre, toutefois, les produits laitiers, les légumes frais et les fruits[24]. Contrairement à ces produits dont la fréquence de consommation a baissé, les produits tels que les pâtes, le riz et les légumes secs ont vu leur fréquence s’accroître significativement[25]. En ce qui concerne la consommation de céréales, les fréquences sont demeurées relativement stables[26].

La réduction des fréquences de consommation traduit la tendance à la réduction des achats de produits. Selon les résultats de cette enquête[27], 42 % de la population interrogée affirme avoir diminué ses achats d’aliments, entre 1993 et 1997, et 14% des personnes enquêtées déclare ne plus effectuer d’achats pour certains produits. Ainsi, c’est plus d’un ménage sur deux (56%) qui déclare avoir, soit restreint leurs achats, soit renoncé à l’achat de certains produits tel que la viande, les fruits et l’huile, voire même abandonné la consommation de certains de ces produits[28].

Ce comportement est mis au compte, du moins en partie, à une rationalisation des achats, relativement à la période où le soutien des prix engendrait, dans certains cas et pour certains produits, des gaspillages de la part des catégories sociales les plus aisées[29]. Cependant, pour les catégories de la population disposant de bas revenus ou de revenus intermédiaires, les effets du désengagement de l’État du soutien des prix des biens alimentaires ont été particulièrement sensibles, compte tenu d’une progression moins rapide des revenus salariaux par rapport au rythme de l’inflation.

Sur la base des observations effectuées par le CENEAP, le CNES note, à cet effet, que «les hausses, importantes et différenciées, des prix enregistrées entre 1993 et 1997 (ont) nourri une tendance au remplacement des aliments vitaux, pour le corps humain, telles les protéines animales, les sucres, les corps gras et les fruits et légumes frais, par les produits à base de céréales, de féculents »[30].

Cette dégradation de la ration alimentaire d’une partie importante de la population est liée aux mesures d’ajustement, mises en œuvre au cours de la période considérée[31]. Elle exprime un processus croissant de paupérisation qui a des incidences négatives sur la santé de ces populations[32]. En effet, la baisse du pouvoir d’achat des ménages a astreint les ménages au retour à un modèle de consommation à dominante « céréales »[33] se traduisant par l’apparition d’une malnutrition protéo-calorique qui affecte plus particulièrement les catégories sociales vulnérables (enfants, femmes allaitantes , vieillards)[34]. De ce fait, après une baisse importante jusqu’aux années 90,  les formes sévères et légères de malnutrition passent, respectivement de 1.5 % et 7.7 % en 1992 à 3 % et 10 % respectivement en 1995[35]. Par ailleurs, selon les données de la journée mondiale de l'alimentation, relevées par le CNES[36], il y aurait plus d'un million d'enfants de moins de cinq ans qui souffrent de malnutrition, dont 100.000 de façon sévère. Il y aurait également plus d'une famille sur cinq qui n'arrive pas à disposer de sa ration calorique journalière, c'est à dire manger à sa faim quotidiennement[37].

Ce constat est également conforté par l'étude « filet social » CENEAP, cité par le CNES[38], qui révèle que 67% des bénéficiaires du « filet social » consacrent la totalité de leurs indemnités aux dépenses alimentaires, 70% des personnes âgées dépensent leur allocation en alimentation et les handicapées pour plus de 54%[39]. Ces structures éclairent sur la faiblesse des allocations, le renchérissement de l'alimentation et les difficultés d'accès à une ration alimentaire équilibrée.

 

3. La pauvreté: Conséquence de contraintes de l’environnement naturel ou de disfonctionnements institutionnels ?

En fait, par delà l’incidence du PAS, la pauvreté dont on vient de voir la prévalence en milieu rural est intimement liée aux contraintes de l’environnement naturel à l’origine de la faiblesse de la productivité des écosystèmes.

Les structures du relief comme les caractéristiques climatiques en Algérie rendent les potentialités naturelles plus vulnérables. Ceci transparaît notamment à travers:

- les plaines et les bassins qui enregistrent une pluviosité irrégulière et inégalement répartie ;

- les zones de montagnes fortement érodées dont le couvert végétal est fragilisé ;

- les zones steppiques, caractérisées par un climat aride, des sols pauvres et une productivité pastorale limitée.

- un milieu désertique marqué par la faiblesse et l'irrégularité des précipitations ainsi que par les fortes amplitudes thermiques.

 

L'érosion touche près de 45 % des zones telliennes du nord, là où se localisent les potentialités en sol les plus importantes. Cela se traduit, aussi bien par un appauvrissement alarmant des sols des bassins versants que par une forte diminution de la fertilité des sols.

La désertification menace l'espace steppique, pour une superficie de 20 millions d'hectares. Il s'agit là d'un processus de dégradation du couvert végétal dû essentiellement au surpâturage (4 moutons/ha au lieu de la charge normative admise de 1 mouton/ha) et de manière plus générale, à la rupture de l'équilibre qu'assurait l'organisation économique et sociale pastorale traditionnelle.

La déforestation affecte l’ensemble des massifs forestiers existants en Algérie. Ces derniers sont menacés par les incendies, les maladies parasitaires, la fragilité du milieu et les conditions socio-économiques particulières à l’instar des pressions zootechniques et le défrichement. De ce point de vue, il faudra relever qu’outre son intérêt écologique, la forêt constitue une source de revenus appréciables pour les populations rurales, par l'exploitation et la commercialisation de bois, du liège, de l’Alfa sans compter les apports liés à la pratique de l’élevage extensif.

 

Ce sont là autant de facteurs qui, conjugués à la pression de l’urbanisation, sont à l’origine du rétrécissement des espaces affectés à l’agriculture, principale activité pourvoyeuse de revenus des ménages ruraux : la surface agricole utile estimée présentement à prés de 0,20 hectares risque de passer à 0,13 hectares en 2025.

 

A l’exiguïté des superficies agricoles et aux contraintes hydriques notoires que connaît l’Algérie, il convient d’ajouter la dégradation de la biodiversité agricole se traduisant par des pertes des taxons cultivés ou élevés. Bien que la disparition de variétés et des races soit un phénomène naturel, son accélération ces dernières décennies, induite par les pressions exercées par le développement des activités humaines et les transformations socio-économiques, a été à l’origine de la rupture des équilibres naturels, la dégradation des biotopes et l’érosion génétique. En Algérie, les pertes des taxons cultivés avoisinent les 51 à 66 % et celle des animaux à 56 %[40]. Cette évolution est liée principalement aux mutations sociales et économiques qui ont marqué l’Algérie, depuis 1962, en termes de croissance démographique, d’urbanisation accélérée, d’intensification capitalistique de l’agriculture et de développement des marchés agro alimentaires.

 

En définitive, les contraintes de l’environnement naturel, plus ou moins exacerbées par les pressions anthropiques, peuvent être considérés comme des facteurs explicatifs à l’origine de la faible productivité des écosystèmes et, donc, de la faiblesse des revenus tirés des activités agricoles qu’ils sous tendent. Mais ces contraintes ne suffisent pas à rendre compte, à elles seules, de l’ampleur du phénomène de la pauvreté en milieu rural.En effet, outre les contraintes inhérentes aux ressources naturelles, la pauvreté trouve aussi ses origines dans la qualité des institutions concernées par la problématique du développement agricole et rural.

De ce point de vue, les tenants de l’hypothèse dite institutionnelle (Daron Acemoglu, Simon Johnson,  Dani Rodrik, Arvind Subramanian et Francesco Trebbi ; William Easterly et Ross Levine), expliquent la pauvreté par l’absence d’institutions efficaces capables d’encourager l’investissement  dans les domaines de l’équipement, du capital humain, des technologies performantes et de la préservation du capital naturel[41].

Au demeurant il est maintenant admis que de la préservation du patrimoine naturel est subordonné à la capacité des pays à se doter d’institutions, admises par tous, capables d’amener les pouvoirs publics, les organisations de la société civile, les entreprises privées a géré ensemble ce patrimoine dans le cadre de contrats sociaux viables. Ce n’est que dans ce contexte précis qu’un lien pourra s’établir entre la résorption de la pauvreté et les institutions, qui pourront alors œuvrer dans le sens d’un développement durable.


[1] A travers l’étude réalisée en 1995, l’approche utilisée par la Banque mondiale est de type monétaire. L’analyse prend en considération les besoins alimentaires et non alimentaires. Le critère de mesure du seuil de pauvreté alimentaire est constitué par un niveau de besoin nutritionnel individuel minimum de 2100 calories par jour.

Cette étude a défini trois seuils de pauvreté, à savoir :

- le seuil de pauvreté alimentaire : exprimé, en termes monétaires, sur la base des prix d’un panier de produits alimentaires fournissant un montant minimal de 2100 calories par jour et par personne.

- le seuil de pauvreté globale : intègre, outre les besoins alimentaires incompressibles, les besoins non alimentaires fondamentaux.

Cette approche débouche sur la détermination de seuils de pauvreté alimentaire et de pauvreté globale, partagés entre un seuil inférieur et un seuil supérieur, ce dernier intégrant, dans la définition des besoins non alimentaires, des besoins de base qui ne sont pas pris en compte par le seuil inférieur.

Les seuils déterminés selon cette méthode sont, évidemment, relatifs à l’année 1995, année de l’enquête. Ils sont, au niveau national, de l’ordre de 10940 DA par personne et par an (1.07 dollars /jour) pour le seuil de pauvreté alimentaire, de 14820 DA (1.45 dollars /jour) pour le seuil de pauvreté inférieur et de 18190 DA(1.67 dollars /jour) pour le seuil de pauvreté supérieur.

[2] ANAT– Carte de la pauvreté en Algérie. Ministère de l’action sociale et de la solidarité nationale / PNUD, Mai 2001, 104 p. http://www.dz.undp.org/pauvreté/carte de la pauvreté en algerie.pdf

[3] CNES – Rapport préliminaire sur les effets économiques et sociaux du programme d’ajustement structurel. http://www.cnes.dz.

[4] CNES, 1999 – Projet de rapport national sur le développement humain1998. 126 pages. http://www.cnes.dz.

[5] ANAT, 2001 – Op. Cit.

[6]  A cet effet, l’enquête sur l’emploi et les revenus, réalisée par l’ONS au cours du premier trimestre 1996, a évalué à 33% le nombre des salariés dont le revenu était inférieur à 6.000 DA, soit un niveau légèrement  supérieur au salaire minimum.

[7] Voir à ce titre :

- GOUMEZIANE S., 2000 - Économie algérienne : enjeux et perspectives. Intervention faite lors du séminaire du CIPA à Paris le 27 avril 2000. http://www.algeria-watch/ /goumeziane.htm.

- DAHMANI A., 1999 - L’Algérie à l’épreuve. Économie politique des réformes 1980-1997. Casbah Editions, 291 P.

- CNES - Les Effets Économiques et Sociaux…..Op. Cit.              

[8] CNES, 2000 - Projet de rapport sur la conjoncture économique et sociale du premier semestre 2000. http://www.cnes.dz.

[9] BOUZIDI A., 1999 – Les années 90 de l’économie algérienne. ENAG Éditions, P 163.

[10] En 1992, les pouvoirs publics instituent une indemnité versée aux personnes sans revenu : l’ICSR (indemnité aux catégories sociales sans revenu). Cette indemnité s’élevait à l’origine à 120 DA par mois et par personne reconnue sans revenu. La modicité du montant alloué aux bénéficiaires a conduit au réaménagement de son contenu et de sa forme ainsi que de la redéfinition des populations ciblées. C’est ainsi qu’en octobre 1994, l’ICRS est remplacée par deux nouvelles formules de soutien aux catégories sans revenu : l’allocation forfaitaire de solidarité (AFS) et l’indemnité d’activité d’intérêt général (IAIG) dont le financement est assuré par un fonds d’aide aux catégories sociales défavorisées.

[11] L’IAIG est versée aux personnes d’âge actif et sans revenu, en contrepartie de leur participation à des travaux d’intérêt général sur des chantiers municipaux. A l’origine, le montant mensuel de l’IAIG était de 2100 DA par mois. Mais a été augmenté par la suite à 2800 DA, ce qui représente à peine la moitié du SNMG (Salaire National Minimum Garanti).

[12] L’AFS est octroyée aux chefs de famille dépourvus de revenus et âgés de 60 ans et plus, ainsi qu’aux personnes handicapées et inaptes au travail (sans condition d’âge, dans ce cas). Le montant de l’allocation est relevé à 600 DA par mois, majoré de 120 DA par mois et par personne à la charge du chef de famille, à concurrence de trois personnes. Le montant de cette allocation sera, ensuite, porté à 900 DA par mois, à partir de 1996.

[13] CNES - Les Effets Économiques et Sociaux…..Op. Cit.

[14] CNES, 2000 - Op. Cit.          

[15] CNES, 1999 – Projet de ….Op. Cit.

16] A. BOUZIDI, 1999 – Op. Cit.

[17] CNES - Les Effets Économiques et Sociaux…..Op. cit. ; CNES, 2000 - Op. Cit.  

[18] A. DAHMANI, 1999 – Op. Cit.

[19] A. DAHMANI, 1999 – Op. Cit.

[20] CNES - Les Effets Économiques et Sociaux…..Op. Cit.

[21] CNES, 1999 – Projet de ….Op. Cit.

[22] L’enquête en question a été réalisée en mars 1998 et a porté sur un échantillon de 2000 ménages (soit un taux de sondage de 1/226O, si l’on estime à 4,52 millions le nombre des ménages en 1998. Les chefs de ménages enquêtés sont, pour l'essentiel, des hommes (89%). Ces chefs de ménages sont, pour 35,8% d'entre eux illettrés, et pour 22,2%, d'un niveau d'enseignement secondaire ou supérieur. Cf.  CENEAP, 1998 – Le Programme d’Ajustement Structurel et ses effets sur l’économie nationale. Enquête « ménages », juillet, Alger.

[23] CNES, 1999 – Projet de ….Op. Cit.           

[24] CENEAP, 1998 – Op. Cit.         

[25] CENEAP, 1998 – Op. Cit.

[26] CENEAP, 1998 – Op. Cit.

[27] CENEAP, 1998 – Op. Cit.

[28] CENEAP, 1998 – Op. Cit.

[29] CNES, 1999 – Projet de ….Op. Cit.

[30] CNES - Les Effets Économiques et Sociaux…..Op. Cit. 

[31] CNES - Les Effets Économiques et Sociaux…..Op. cit. 

[32] CNES - Les Effets Économiques et Sociaux…..Op. cit. 

[33] CNES, 1997 - Rapport sur la santé de la mère et de l’enfant.  Octobre 1997, Alger. http://www.cnes.dz.

[34] CNES, 1997. Op. cit. 

[35] CNES, 1997. Op. cit. 

[36] CNES, 2000 - Op. Cit.         

[37] CNES, 2000 - Op. Cit.

[38] CNES, 2000 - Op. Cit.

[39] CNES, 2000 - Op. Cit.

[40] MEDIOUNI K., 1999 - Stratégie algérienne de conservation et d’utilisation durable de  la diversité biologique. Ministère de l’Environnement – P.N.U.D., Alger.

[41] Sur un débat théorique autour des causes profondes de la pauvreté, voir le dosser publié par la revue Finances et développement, Vol. 42, N°2, Juin 2003