Si l’ensemble des spécialistes de l’environnement s’accordent à relever l’apport indéniable des espaces verts au développement des villes, force est de constater que le développement prétendument durable de ces dernières n’a que marginalement intégré la composante « Espace vert » dans les plans de développement et d’aménagement des villes en Algérie.
Au plan scientifique, les faits sont établis. Contribution à l’adoucissement des microclimats[1], amélioration des rendements énergétiques, réduction des pollutions et des maladies respiratoires, maîtrise du ruissellement des eaux, consolidation des liens sociaux, renforcement des espaces de convivialité et protection de l’environnement sont autant d’externalités liées au développement des espaces verts urbains.Qu’en est-il de l’Algérie? Le pays connaît depuis le début des années 80 une formidable extension des armatures et des pôles urbains. Celle-ci est alimentée par une pression démographique vigoureuse. Jusqu’ à une date récente, les espaces verts urbains n’ont pas bénéficié de l’intérêt requis. Abandonnés par les municipalités, car ne disposant par des ressources financières requises, les plus grands jardins d’Algérie se sont dégradés et ne constituent plus cet espace de convivialité propre aux agglomérations modernes.
Que reste t-il, en effet, des antiques jardins d’Alger: Sofia, Grande Poste, Jardin Marengo (Rampe Vallée), Parc des Pins (El Biar) et du Square Port Said. Rien de notable si ce n’est la désolation et l’insécurité chroniques.
Le jardin London (Biskra), est un autre exemple de la déchéance des espaces verts en Algérie. Abritant dans un passé récent prés de 200 espèces exotiques, ce jardin a connu depuis une dizaine d’année une dégradation ahurissante causant la disparition de 146 espèces végétales.
Ayant pris la mesure de la profonde déstructuration des espaces paysagers dans les villes, les pouvoirs publics ont entamé un vaste programme de réhabilitation et de promotion des espaces verts en Algérie. Ce programme est basé sur des mécanismes législatifs et économiques.
Au plan législatif, une loi spécifique relative à la gestion, à la protection et au développement des espaces verts a été promulguée en 2007[2]. Conformément à cette loi, constituent des espaces verts les zones ou portion de zones urbaines non construites et recouvertes totalement ou partiellement de végétation, situées à l'intérieur de zones urbaines, ou devant être urbanisées. Ces espaces devraient faire l’objet d’un classement selon les modalités et des typologies arrêtées.
Typologie des espaces verts en Algérie
- Les parcs urbains et péri urbains qui sont constitués par les espaces verts délimités et, éventuellement clôturés, constituant un espace de détente et de loisirs, et pouvant comporter des équipements de repos, de jeux et/ou de distraction, de sports et de restauration. Ils peuvent également comporter des plans d'eau, des circuits de promenade et des pistes cyclables.
- Les jardins publics qui sont des lieux de repos ou de halte dans des zones urbaines et qui comportent des massifs fleuris ou des arbres. Cette catégorie comprend également les squares plantés ainsi que les places et placettes publiques arborées.
- Les jardins spécialisés qui comprennent les jardins botaniques et ornementaux;
- Les jardins collectifs et/ou résidentiels;
- Les jardins particuliers;
- Les forêts urbaines qui comportent les bosquets, les groupes d'arbres, ainsi que toute zone urbaine boisée y compris les ceintures vertes.
- Les alignements boisésqui comprennent toutes les formations arborées situées le long des routes, autoroutes et autres voies de communication en leurs parties comprises dans des zones urbaines et péri urbaines.
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