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Internet et Algérie: La fracture!
Internet et Algérie: La fracture!
L’utilisation du réseau Internet connaît en Algérie un essor indéniable depuis la fin des années 90 soutenu par la baisse relative des prix des microordinateurs et par la généralisation de leur utilisation tant au niveau des ménages que des institutions.
Les efforts développés par l’Etat en faveur des TIC se traduisent notamment par des allocations budgétaires importantes pour ce secteur. En effet, au titre du programme de développement des TIC, le plan de relance économique pour la période 2005-2009 a consacré prés de 500 millions euros (1) dont prés de 100 millions euros pour l’équipement du "Cyberpark" de la nouvelle ville de Sidi Abdellah, à 30 kilomètres d’Alger. Par ailleurs, un programme (OUSRATIC) soutenu par l’Etat en vue d’assurer l’équipement des ménages en micro ordinateurs, a été mis en oeuvre au courant de l’année 2006. Ce programme, impliquant des banques locales, le ministère des postes et des TIC ainsi que des entreprises privées, se fixe pour objectif la mise en vente de prés de un (01) million de microordinateurs en 2006 (700.000 PC vendus à fin juillet 2006). Enfin, des efforts sont aussi déployés en perspective du développement et de l’élargissement du réseau de l’Internet haut débit (ADSL) avec un objectif visé de 3 millions d’abonnées à l’horizon 2009.
Le développement de l’Internet a été sous tendu aussi bien par la libéralisation sans précédent dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) et les soutiens financiers publics en faveur du développement des technologies de l’informatique dans la perspective de la réduction de ce qu’il convient d’appeler la « Fracture numérique » entre le nord et le sud.
Mais en dépit de l’effort budgétaire consenti, le développement du réseau de l’Internet reste limité en Algérie. Quelques chiffres-clés suffisent à le démontrer. Avec une population de plus de 30 millions d’habitant l’Algérie ne dispose que de :
- 37 providers (Fournisseurs de services de connections Internet, ISP).
- 12000 établissements connectés à Internet.
- 4000 cybercafés dont 1700 sont connectés à l’ADSL.
- d’une communauté d’internautes estimée en 2005 à prés de 2.0 millions de personnes et de 200000 abonnés à l’ADSL.
Il en découle un taux de la pénétration de l’Internet relativement faible (7 %) comparativement à certains pays du Maghreb (20 % pour la Maroc et 13 % pour la Tunisie).
Au plan de l’utilisation pratique l’Algérie reste un pays consommateur passif des technologies de l’Internet. La consommation se limite à certaines fonctions basiques à l’instar de la correspondance électronique (Mailing) et de la communication (Chat, téléphonie via Internet), la recherche d’informations via les moteurs de recherche, le téléchargement des softwares et les activités ludiques.
Au plan du contenu local, l’Algérie est pratiquement absente du réseau mondial du Web. Avec 1400 sites dont seulement 800 sites actifs, l’Algérie accuse un retard important par rapport à certains pays (6000, 4000 et 800000 sites actifs respectivement au Maroc, en Tunisie et en France).
L’exploitation du nom de domaine « .dz » est très limitée. Selon les statistiques du CERIST, le nombre de noms de domaines en Algérie en «.dz » est de 2380. Les lourdeurs administratives d'enregistrement des noms de domaines et la faible qualité des prestations de services (Hébergement) font que la majorité des sites Internet Algériens sont hébergés à l’étranger. En effet, 45 000 sites web Algériens sont hébergés en Europe ou en Amérique du Nord en dénomination «.com.» ou «.dz.com».
Au plan institutionnel et économique, le développement de l’Internet est encore plus faible. En dehors de quelques sites institutionnels (Ministères, agences publiques, universités, centres de recherche), rarement mis à jours et au contenu relativement modeste, il n’existe pas encore en Algérie une culture fortement établie de l’Internet. Le commerce électronique au sens large du terme y est inexistant. Le seul projet notable en ce domaine, portant sur la mise en place d’un réseau Intranet gouvernemental dont le lancement était prévu pour le mois de septembre 2005, n’a pas encore été concrétisé. Les entreprises privées productrices de biens matériels, les PME-PMI en particulier, dont le nombre est estimé à 520000, n’accordent pas encore l’intérêt requis au développement des sites Internet. Notons, toutefois, l’émergence de quelques sites Internet dédiés à l’e-recrutement et à l’e-commerce mais dont l’essor reste contrarié par l’inexistence des systèmes de paiement en ligne.
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Table 1- Approche comparative de quelques indicateurs du développement des technologies de l'information et de la communication |
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| Pays | Unités |
Algeria |
Egypt |
Lybia |
Mauretania |
Morocco |
Tunisia |
| Lignes téléphoniques fixes| 2006 | % population | 8,5 | 14,3 | 14,6 | 1,1 | 4,1 | 12,4 |
| Disponibilité des dernières technologies. Moyenne mondiale= 4.7 (e) | Index | 3,4 | 4,8 | 4,1 | 4,6 | 4,8 | 5,4 |
| Abonnés téléphonie mobile 2006 | % population | 63 | 23,9 | 65,8 | 33,6 | 52,1 | 71,9 |
| Internautes| 2006 | % population | 7,4 | 8 | 4,4 | 1 | 19,8 | 12,7 |
| Observationse/ 1 = not widely available or used, 7 = widely available and used | |||||||
| Sources:World bank dataCountries Human Development Report, various issuehttp://www.ruralpovertyportal.org/Arab Human Development Report 2005Countries GMD Reports. various issuesThe Global Competitiveness Report 2008-2009. http://www.weforum.org/pdf/GCR08/GCR08.pdf | |||||||
En définitive, la libéralisation dans le secteur des TIC a, certes, permis le développement de l’utilisation de l’Internet et une large ouverture des algériens sur le monde, mais l’Algérie reste confrontée à des contraintes majeures qui ne lui permettent pas présentement de tirer profit des avantages sociaux et économiques que confèrent ces technologies. L’ensemble des experts en TIC s’accordent à relever le fait que la modicité du taux de pénétration de l’Internet et la sous utilisation de ce dernier en Algérie découle de plusieurs facteurs:
a/ L’absence d’une vision stratégique globale quant au développement des technologies de l’Internet impliquant la fixation d’objectifs clairs et le développement des sites Internet a contenu numérique local accessible.
b/ L’inexistence d’une industrie de contenu Internet en Algérie.
c/ La faiblesse relative des débits offerts qui retentissent négativement sur la qualité des connections au niveau des consommateurs finaux à l’instar des ménages, des cybercafés, des universités, des entreprises et des institutions publiques.
d/ Le coût relativement élevé des communications téléphoniques qui grèvent significativement le coût des connections Internet.
e/ La faible croissance du réseau de téléphonie fixe et le coût encore élevé, comparativement au pouvoir d’achat, du matériel informatique.
Bref, le développement de l’Internet est en train de s’opérer en Algérie mais reste insuffisant compte tenu des besoins et des opportunités économiques en présence. Les pouvoirs publics affichent un intérêt certain pour les technologies de l’Internet mais sont loin de l’inscrire au centre des stratégies de développement économique et de la formation des citoyens de demain.
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